Essais, convoyages, présentations: cet article indique aux constructeurs, distributeurs et professionnels du nautisme comment assurer leur conformité lors de l’utilisation d’un bateau de plaisance non encore livré.
L’essentiel pour les professionnels
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Une note officielle a été émise par la Fédération des Industries Nautiques (FIN) et validée par la DGAMPA, pour répondre aux besoins des professionnels et leur éviter les sanctions en matière de conformité lors de leurs essais.
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Il distingue les régimes et précise les limites qui s’imposent:
– immatriculation provisoire pour les essais de moins de 24h,
– immatriculation temporaire pour les essais de plus de 24h,
– immatriculation définitive,
– absence d’enregistrement pour les bateaux en construction. -
Il détaille les autorisations, qualifications et obligations pour les essais en mer selon leur durée, et précise quand un permis côtier ou hauturier est requis, et quand un diplôme maritime ne l’est pas.
Notre équipe assiste les professionnels du nautisme pour assurer la conformité réglementaire de leurs opérations: démarches plaisance, TVA, douane. Contactez-nous.
Sommaire
La FIN clarifie les démarches d’essais et de déplacements
Face aux nombreuses demandes de ses adhérents, la Fédération des Industries Nautiques (FIN) a consulté les professionnels du secteur afin de clarifier le cadre réglementaire lié au déplacement ou à l’essai de bateaux de plaisance « hors usage commercial ». Cette analyse, menée en collaboration avec la DGAMPA, a abouti à un document de référence émis en juillet 2025, pour :
- déterminer le type d’immatriculation requis selon les situations
- comprendre les permis et diplômes nécessaires ;
- connaître les conditions d’assurance et de responsabilité.
Trois régimes d’immatriculation selon la situation
| Type d’immatriculation | Usage principal | Durée / portée |
|---|---|---|
| Immatriculation définitive | Bateau conforme, prêt à naviguer | Sans limite, après francisation le cas échéant |
| Immatriculation provisoire | Bateau neuf non encore francisé | Max. 30 jours – Essais longs, convoyages |
| Immatriculation temporaire | Essais ou démonstration (non commercial) | Usage limité <24h – Zone max. 5 milles |
| Aucune immatriculation | Déplacement court sur un plan d’eau | Navire en cours de construction uniquement. |
➡️ Ces régimes sont régis par l’arrêté du 30/11/1999 et doivent être sollicités auprès des autorités compétentes.
Essais techniques > 24h > immatriculation provisoire.
- Durée: supérieure à 24h
- Enregistrement : provisoire (toujours statut NUP)
- Permis : côtier ou hauturier selon l’éloignement
- Obligation supplémentaire : tenue d’un livre de bord des tests
- Autres conditions : identiques aux essais courts
Exemple typique : navigation d’essai vers un salon nautique ou retour chantier.
Essais techniques < 24h > immatriculation temporaire
- Courte durée: inférieure à 24h
- Enregistrement : temporaire (statut NUP)
- Zone : maximum 5 milles du port
- Permis : côtier requis (si bateau moteur)
- Diplôme maritime : non requis
- Chef de bord : salarié du constructeur (ou distributeur)
- Sécurité sociale : régime général
- Assurance : à la charge du constructeur
Objectif : vérifier voiles, électronique, moteur, conformité technique.
Bateaux en construction
Certains cas n’exigent aucune immatriculation :
- Bateau non terminé ou en construction
→ Ne relève pas des catégories de navigation définies par la réglementation. - Déplacement court sur plan d’eau (accès à quai, mise à l’eau)
→ Pas d’enregistrement requis tant que le bateau n’est pas en état de naviguer.
Dans ces cas, aucun diplôme maritime n’est requis, sauf le permis côtier pour les bateaux à moteur.
Permis, diplômes : ce qu’il faut vraiment
| Situation | Permis requis | Diplôme maritime requis |
|---|---|---|
| Déplacement bateau non fini | Oui (côtier si moteur) | Non |
| Essai < 24h (voiles, moteur) | Oui (côtier si moteur) | Non |
| Essai > 24h (hauturier possible) | Oui (côtier ou hauturier selon le cas) | Non |
| Convoyage par skipper pro | Oui | Oui (Capitaine 200) + ENIM |
Important : les essais internes d’un constructeur ou distributeur ne sont pas une activité commerciale, donc n’impliquent pas de diplôme maritime.
Risques de non-conformité
En cas de contrôle maritime, les autorités peuvent vérifier :
- le type d’immatriculation
- les qualifications du chef de bord
- la couverture assurance
- la cohérence avec l’usage déclaré (NUP, NUC, NAC)
En cas d’erreur (mauvais enregistrement, absence de permis, défaut de déclaration), des sanctions peuvent s’appliquer.
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